Retour sur la tuerie de Boffa-Bayotte

Mis à jour : 27 févr. 2020


Le 06 janvier 2018, la tuerie de 14 personnes dans la forêt de Boffa-Bayotte rompt l'accalmie qui semblait régnait en Casamance, une région minée par un conflit âgé de plus de trente ans entre l'armée sénégalaise et le Mouvement des Forces Démocratique de Casamance. Le communiqué de la Gendarmerie nationale rapporte qu'un groupe de plus d’une vingtaine de coupeurs de bois a été pris à partie par des assaillants armés dans la forêt de Bayotte Est faisant ainsi quatorze morts constatés, sept blessés et trois personnes qui réussiront à s’échapper indemnes. L’enquête ouverte à la suite de ce drame et les premières auditions effectuaient ont révélé que «les victimes sont tombées dans une embuscade tendue depuis les premières heures du 6 janvier 2018». L'acte a était de fait attribué aux séparatistes du MFDC, qui aussitôt ont décliné toute responsabilité par rapport aux faits. La grande opération de ratissage lancée par l'armée sénégalaise à la suite de ce drame a conduit à l'arrestation de 22 personnes dont 16 placées sous mandat dépôt et 6 relâchées. Cet événement tragique a replongé la Casamance dans la tristesse et la peur.


La question du contrôle des ressources dans une zone de conflit s'est toujours révélée être un paramètre important et dans beaucoup de cas un facteur relanceur des hostilités. On observe ainsi en Casamance depuis ces dernières années une sorte lutte pour le contrôle des forêts avec un trafic de bois qui a atteint son paroxysme et qui se traduit souvent par des formes de violence inédites, comme ce fut le cas à Boffa-Bayotte.



Back to the Boffa-Bayotte Massacre


On January 06, 2018, the killing of 14 people in the Boffa-Bayotte forest breaks the lull that seemed to be reigning in Casamance, a region undermined by a conflict between the Senegalese army and the Movement of the Forces Démocratique de Casamance, more than thirty years old. The National Gendarmerie’s press release reports that a group of more than twenty wood cutters were taken to task by armed assailants in the forest of Bayotte Est, resulting in fourteen reported deaths, seven wounded and three people who escape unharmed. The investigation opened following this tragedy and the first hearings carried out revealed that «the victims have fallen into a tense ambush since the first hours of January 6, 2018». The act was in fact attributed to the MFDC separatists, who immediately declined responsibility for the facts. The large sweeping operation launched by the Senegalese army as a result of this tragedy led to the arrest of 22 people including 16 under warrant deposit and 6 released. This tragic event has plunged the Casamance back into sadness and fear.


The question of control of resources in a conflict zone has always been an important parameter and in many cases a factor in triggering hostilities. In Casamance, for example, there has been a struggle for forest control in recent years, with timber trafficking reaching its peak and often resulting in unprecedented forms of violence, as was the case in Boffa-Bayotte.

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